Scanner de thoracique de dépistage - 30/04/20

Bonjour

La dernière fiche réponse rapide précise que pour une chirurgie urgent e, donc sans possibilité d'attendre les résultats de la PCR, il est conseillé de faire un scanner thoracique pour rechercher un éventuel covid peu ou pas symptomatique.

Ce qui rendrait la chirurgie à risque de contamination surtout en cas d'intubation.

Ce qui traduit qu'il faut s'intéresser au statut covid du patient avant une procédure semi urgente chirurgicale ou endoscopique.

La PCR est alors indiquée mais comme celle-ci n'est sensible qu'à 70%, beaucoup de scanner thoracique pré opératoire sont demandé à l'hôpital et en clinique chez des patients asymptomatique en cas de PCR négative pour des gestes avec intubation ou endoscopique avec risque d'aérosolisation.

Afin de protéger les patients et tout le personnel de la chaîne de soin, du bloc au post opératoire.

Le dernier article que vous avez mis en ligne concernant la radiologie interventionnelle oncologique évoque également le scanner pré opératoire comme très sensible avant une procédure à risque d'aerosol type intubation.

Ces demande de scanner pré opératoire augmentent rapidement, semblent justifié du fait des éléments ci-dessus, des nombreux porteurs sains, des performances de la PCR, des stocks de FFP2 insuffisant...

En tenant compte de l'irradiation des scanners low dose Quel est votre retour d'expérience et avis ?

Merci d'avance

Réponse (Pr M. OHANA, CHU Strasbourg) : C’est une excellente question, et malheureusement nous n’avons pas encore tous les éléments de réponse.

La SIT et la SFR devraient pouvoir sortir des recommandations à ce sujet prochainement.

En l’état, ce que nous pouvons dire :

  • Si la chirurgie est urgente
    • Si un scanner AP est nécessaire, il semble licite d’y ajouter le thorax dans le même temps
    • Si un scanner n’est pas requis
      • Si le patient est symptomatique sur le plan respiratoire, il semble licite de faire un scanner (car PCR trop lente pour les résultats)
      • Si le patient est asymptomatique, la réalisation d’un scanner est discutable et ne pourrai s’entendre que les procédures chirurgicales à haut risque (ex : chirurgie ORL).
  • Si la chirurgie est programmée
    • Si le patient est symptomatique : la PCR est indiquée, idéalement au plus près de l’intervention. Le scanner est à discuter selon la sévérité des symptômes  et le résultat de la PCR
    • Si le patient est asymptomatique : le scanner n’est pas recommandé. Il pourrait éventuellement se discuter en cas de chirurgie à haut risque, mais là encore ce n’est pas certain. En effet le taux de faux négatif et de faux positif est important chez des sujets asymptomatiques en dehors du pic épidémique.

Pour le dernier point concernant l’irradiation : si l’on réalise ce type de scanner de « dépistage », il est évident que la dosimétrie doit être adaptée et la plus faible possible. A titre personnel, chez un sujet de gabarit normal, il faut viser une DLP<20mGy.cm, et chez un sujet en surpoids, une DLP<100mGy.cm