Journal de Radiologie et d’Electrologie - N° 9 septembre 1920
Mémoires originaux
- Leçon d’ouverture de Mr le Professeur André Broca. Vie organique – vie des mondes – vie des atomes
- L’emploi de l’ampoule de Coolidge en radiothérapie par A. Beclère et I. Solomon
- La radiographie du mal de Pott sous occipital par M. Galland
Notes Pratiques
- La radiopelvimétrie par G. Haret
- Comment on donne un lavement au sulfate de baryum crémeux par H. Beclère
Analyses
- Radiologie : 40 articles dont 17 dans des revues étrangères
- Radiothérapie : 15 articles dont7 dans des revues étrangères
- Substances Radioactives : 7 articles dont 4 dans des revues étrangères
- Lumière : 6 articles dont 2 dans des revues étrangères
- Electrologie : 13 articles dont 3 dans des revues étrangères
André Broca est le fils du célèbre neurochirurgien Paul Broca. Polytechnicien et médecin il est nommé en 1920 titulaire de la chaire de physique de la Faculté de Médecine de Paris. Dans sa leçon inaugurale, intégralement publiée dans le Journal de Radiologie, il s’interroge sur les liens des sciences et de la médecine : « Nous ne devons pas oublier un instant que toutes les sciences médicales sont au service de la clinique, comme la clinique ne doit pas oublier non plus que sans les sciences physiques, chimiques et physiologiques elle serait arrêtée dans son essor. » « La vie est une utilisation des énergies que le monde met à notre disposition…le but essentiel des sciences physiques et chimiques est de classer leurs énergies et leurs transformations…pour l’homme…pour la conservation de la vie, celui de la production du bien être et de la santé. » Il précise qu’il y a certaines provisions d’énergies renouvelables (le soleil et les chutes d’eau) et des « réserves de combustible souterraines dont la durée ne peut être que bien limitée. » Il pose ainsi le problème de l’épuisement inéluctable des énergies fossiles. « L’énergie disponible pour la vie diminue constamment dans le système solaire. ». Les découvertes de Becquerel, des Curies et de Rutheford ouvrent « à notre esprit des voies entièrement nouvelles ; mais nous devons avouer que le problème, s’il est reculé, n’en reste pas moins au-dessus de notre intellect. » Cet appel à la modestie et à l’humilité ne doit jamais être oublié.
Le 2ème article est plus technique sur l’emploi de l’ampoule de Coolidge en radiothérapie par Antoine Béclère. Cependant il témoigne de la démarche des pionniers de notre discipline dans l’innovation : « le médecin ne peut attendre pour agir que le physicien ait achevé ses longues et délicates recherches. A bon droit il se sert pour traiter les malades de l’arme nouvelle mise à sa disposition, …sans oublier que toutes les particularités n’en sont pas parfaitement connues ». Cette prise de risque, assumée dans le développement de l’utilisation des RX, a permis des avancées certaines mais le prix à payer n’a été découvert que des années plus tard.
M.Galland de Berck présente une étude sur la radiographie du mal de Pott sous occipital. Il définit d’abord la technique et les aspect normaux (Fig. 1-5) puis les anomalies observées dans le mal de Pott. (Fig. 6, 7 et 8)
G.Haret présente l’intérêt de la Radiopelvimétrie. Cette technique nouvelle apporte des informations « qu’aucun autre moyen d’investigation ne peut fournir ». « Les résultats ne sont pas assez précis disent les détracteurs. » Aussi l’auteur rappelle les deux méthodes et la façon de bien les utiliser.
Henri Béclère explique l’intérêt du lavement au sulfate de baryum : « pendant longtemps l’examen du gros intestin par lavement fut l’exception, L’étude du gros intestin se faisait alors par la voie haute…10 heures environs après la prise du contraste. ». Il détaille la préparation et l’administration du lavement comme cela a été utilisée ensuite jusqu’à peu.
Analyses
Un seul article est illustré et concerne « les fractures méconnues de la rotule » par Moreau (Fig. 9). L’auteur précise qu’il peut y avoir des confusions avec les anomalies d’ossification (patella bipartita) en cas d’absence de signes cliniques et que la pratique d’un cliché comparatif « décèlera la même disposition qui toutefois exceptionnellement pourra ne pas exister » Dès 1920 apparaît la difficulté du diagnostic entre variante de l’ossification et image pathologique, et l’intérêt du cliché comparatif est déjà perçu comme peu fiable.